Décrypter l’actualité des marchés d’export et donner les clés pour mieux les aborder : à travers neuf webinaires et autour d’une cinquantaine d’intervenants, c’est la mission que s’étaient donnée les Journées Export Agro 2022 proposées début avril par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Mission accomplie au regard du dispositif déployé : en direct des différentes ambassades et des bureaux pays de Business France et de Sopexa, les experts marché ont livré leurs analyses de court et moyen terme auprès d’un public engagé de 750 participants dont la plupart étaient des entreprises en quête de conseils pour leurs stratégies export. Mieux : des importateurs et distributeurs installés dans chaque pays sont venus partager leurs besoins pour sensibiliser les producteurs français sur les attentes de chaque marché.

Au total, ce sont quatre webinaires pays (Royaume-Uni, Italie, Pays du Golfe, Pologne), deux webinaires pratiques (chaînes de valeur Chine-Allemagne, chaînes de valeur Etats-Unis), et trois webinaires thématiques (le Volontariat International en Entreprise, la Bio en Europe et les impacts du conflit en Ukraine) qui ont été organisés par Business France, en lien avec les partenaires de l’agro à l’export. La plupart de ces ateliers s’appuyaient sur des études préalablement réalisées par les équipes de Business France et de Sopexa, pour lesquelles les webinaires servaient de clé d’entrée.

Au cœur du projet : la volonté d’éclairer les opportunités pour l’offre française de l’agro dans un contexte perturbé par de nombreuses crises (conflit en Ukraine, COVID-19, Brexit, etc).

 

 

« Plus forts à l’export » : c’était le slogan de l’événement… Plongée dans quatre jours de projection à l’international.

 

1. Le Royaume-Uni

5. Le Volontariat International en Entreprise

2. Les Pays du Golfe

6. La Pologne

3. L'Italie

7. L'Ukraine et les conséquences de l'invasion russe

4. Les Chaines de Valeur

8. Les Produits Biologiques

 

Session 1 : Le Royaume-Uni

Quels impacts du Brexit sur les coûts d’export au Royaume-Uni ? Quelles tendances nouvelles en matière de bio ou d’alimentation durable ? Quelles opportunités sur les équipements agroalimentaires ou les produits gourmets ?

En session inaugurale des JEA 2022 (ouvertes par Françoise Simon, Sous-directrice Internationale au sein de la DGPE), le Royaume-Uni bénéficiait d’un éclairage particulier, un an après le rétablissement des frontières. L’occasion de revenir sur les prochaines échéances douanières (normes SPS, équivalence des labels…) et réglementaires (taxe sur les plastiques, sur les produits sucrés…) mais aussi sur les problématiques de staffing de plus en plus marquées dans la logistique et la restauration. Les opportunités développées sur les circuits de proximité et sur les enseignes multicanales ont également fait l’objet d’une discussion avec Florent Gacon, importateur de produits gourmets pour The French Comté, qui signalait l’éducation grandissante du consommateur britannique aux produits d’appellation et un impératif de volumes pour compenser les coûts induits par le passage aux douanes.

Un message ? Le Royaume-Uni post-Brexit reste un marché ouvert, très concurrentiel, sur lequel la France doit accentuer son marketing et ses services. La croissance est au rendez-vous outre-Manche !

 

Téléchargez gratuitement l'étude Royaume-Uni

 

Session 2 : Les Pays du Golfe

Poursuivant leur exploration des marchés cibles de l’offre française, les JEA 2022 se sont aventurées dans la région du Golfe avec une double ambition : décrypter les grands marchés que sont les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite et offrir une ouverture vers les deux marchés niche voisins que sont le Qatar et le Koweït. Quelles opportunités sur la RHD et les circuits retail ? Quelle image véhiculer sur les produits français ? Quels accélérations ou freins attendre du contexte géopolitique actuel, entre programmes de sécurisation alimentaire et inflation des coûts ?

Les experts du ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation, de Sopexa et de Business France ont offert un panorama complet et actualisé des particularités agricoles et alimentaires de la région, tandis que Jean-Luc Faurie, acheteur sur le Qatar pour le distributeur GreenHouse témoignait des nouvelles dispositions sur les produits laitiers et, plus globalement, des évolutions (logistiques, réglementaires, tarifaires) constatées dans la région depuis dix ans.  

Des marchés à investiguer dès maintenant, en s’appuyant sur un réseau d’interlocuteurs qualifiés pour mieux cibler le consommateur et contrer la concurrence.

 

Téléchargez gratuitement les études Koweït et Qatar 

  

Session 3 : L’Italie

Retour en Europe pour l’après-midi du jour 2 : cette fois, c’est en Italie que s’arrêtent les spectateurs des JEA 2022, une Italie dont l’agriculture se trouve fragilisée par le double contexte de crise en Ukraine et de crise climatique, malgré un des plus ambitieux plans de relance de l’Union Européenne.

Ce partenaire privilégié de la France, parfois rival et souvent complémentaire, accentue donc sa demande sur certaines filières clés comme les fruits et légumes, les viandes Label Rouge ou les produits de la mer – un besoin confirmé par le témoignage d’Aloia, importateur de produits de la mer, qui signale son intérêt pour des produits d’origine à bon rapport qualité-prix.

Progression des enjeux de durabilité et régionalité de l’approche commerciale font également partie des messages-clés du webinaire, sur lequel tous les intervenants convergent : les produits français sont valorisés pour leur qualité mais doivent accentuer leur communication et leur intégration dans le paysage alimentaire italien (en MDD par exemple ?)

 

Téléchargez gratuitement l'étude Italie

 

Session 4 et 5 : Les webinaires « Chaînes de Valeur »

Comment appréhender concrètement l’export de produits agroalimentaires vers des pays européens ou du grand export ? Quelles stratégies logistiques mettre en place ? Quelles procédures de dédouanement ? Quels coûts budgéter pour un transport jusqu’au détaillant ? Quels intermédiaires jusqu’au client final ?

Ce sont toutes ces questions, pratiques et stratégiques, qui ont nourri les deux sessions d’ateliers « chaînes de valeur » du jeudi 7 avril. Ces immersions par filière et par marché au sein des circuits logistiques et commerciaux de l’export émanaient elles-mêmes d’études commandées par France Agrimer et réalisées par Business France, qui visaient à quantifier le niveau de marge d’un produit de son départ en France à sa consommation dans le pays-cible. Résultat : des opportunités réelles en termes de coefficients multiplicateurs, même si les enjeux inflationnistes actuels atténuent légèrement la portée des chiffres.

 

  • Plus précisément, sur le marché chinois, ce sont les problématiques douanières (entrée en vigueur du décret 248) et logistiques (augmentation des délais et des coûts des containers liée au post-COVID) qui étaient pointées par les intervenants – parmi lesquels Julie Pirola, de Bolloré Logistics. Mais les motifs de satisfaction restaient réels, entre développement des infrastructures de chaîne du froid et de traçabilité, et multiplication des canaux de distribution premium, propices à l’offre française – notamment sur les vins et spiritueux, les produits gourmets, la BVP et les produits laitiers.

  • Côté marché allemand, la question-phare portait surtout sur l’opportunité de passer ou non par un intermédiaire, au regard de la proximité du pays et de la granularité de certains distributeurs (centrales d’achat régionales ou détaillants spécialisés). Le témoignage de Rolf Shöppner, ancien exportateur du groupe Arrivé et désormais acheteur pour le retailer Rewe, constituait en ce sens un feedback éclairant. L’occasion de revenir également sur les nouvelles opportunités des filières vins et fruits et légumes sur un segment souvent premium, et sur les exigences logistiques strictes qu’imposent les importateurs allemands.

  • Enfin, difficile de se plonger dans les marchés-clés sans évoquer les Etats-Unis et leurs spécificités douanières, logistiques et commerciales. Au-delà des enjeux de transport actuels (explosion inflationniste), c’est le paysage des intermédiaires qui était décrypté - entre importateur, master distributeur, distributeur régional mais aussi broker ou encore clearer (dans la filière Vins). Un tissu dense qui témoigne du rôle-clé de l’importateur pour percer le marché (Michel Stretz de French Food Exports était d’ailleurs présent pour apporter ses éclairages) mais aussi des opportunités de plus en plus prégnantes en retail pour les produits français - que ce soit en circuits spécialisés ou en grande distribution.

 

Téléchargez gratuitement les études Chaînes de Valeur

 

Session 6  : Le Volontariat International en Entreprise

Entre deux sessions sur les chaînes de valeur, les JEA 2022 se sont attardées le temps d’un atelier sur les expériences de Volontariat International en Entreprise (V.I.E) vécues dans le secteur agro par deux entreprises – l’une déjà rompue à l’exercice avec plusieurs volontaires envoyés depuis dix ans (Technisem) et l’autre, une TPE familiale dans le domaine du vin (Domaine Montirius), novice en la matière avec une première expérience en 2021.

L’occasion de rappeler que le V.I.E permet souvent aux entreprises d’ouvrir des marchés de prospection (ici : l’Espagne et les Caraïbes) mais aussi de découvrir leurs futurs talents sans avoir à engager trop de frais – les dispositifs d’accompagnement de type Chèque Relance V.I.E et assurance prospection permettant de couvrir une grande partie de l’investissement (sans compter les services d’aide comme l’appui au recrutement, le coaching ou la domiciliation ambassade). Pour Technisem comme pour Domaine Montirius, des expériences à la fois humaines et business à fort impact, qui confirment que le V.I.E est une solution gagnante pour tous, candidat et entreprise, y compris dans le secteur agro.

 

Accédez au site Mon Volontariat International

 

Session 7 : La Pologne

Destination encore non explorée par les précédentes éditions des Journées Export Agro, la Pologne faisait cette année l’objet d’un focus spécifique en ouverture de la dernière journée. « Un marché sur lequel on a tendance à se tromper, le jugeant tour à tour plus complexe qu’il n’est, ou plus simple qu’il n’est », prévenait Marie-Christine Le Gal, conseillère aux affaires agricoles sur la zone, en introduction du séminaire. Traduction : il y a davantage de consommateurs et de pouvoir d’achat qu’on l’anticipe… mais il y a également davantage d’exigence sur la qualité, le ciblage et le packaging.

Le témoignage de Tatiana Frémond, créatrice de l’enseigne Made in France sur le territoire polonais (réunissant un café, une épicerie fine et un e-shop), permettait de conforter cette analyse en pointant l'évolution des consommations vers le premium et l’attrait pour la typicité des produits. Une tendance à l’œuvre également dans la grande distribution où les anciens discounters comme Biedronka se tournent désormais vers de produits de plus grande qualité, avec des allégations durables en croissance.

 

Téléchargez gratuitement l'étude Pologne

 

Session 8 : Les impacts de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur le commerce international

Difficile de consacrer près d’une semaine à l’export dans l’agroalimentaire sans évoquer le dramatique contexte en Ukraine, les sanctions envers la Russie et les impacts majeurs de ces circonstances sur les échanges de produits agricoles dans le monde – l’Ukraine et la Russie étant l’une et l’autre des nations d’export céréalier. Une situation qui incitait le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation à prévoir une session de décryptage, en présence d’experts pays issus des ambassades en Ukraine et en Russie, mais aussi de Julien Barré de France Agrimer, de Jean-François Loiseau (Fédérateur Agroalimentaire à l’export) et de Sébastien Abis, directeur général du Club Demeter.

Des analyses de haut niveau qui, au-delà des impacts immédiats sur les échanges de céréales, d’engrais ou de semences, véhiculent l’idée d’un changement global de paradigme dans le commerce international agro – entre régionalisation des échanges, résurgence des enjeux de sécurité alimentaire et redéfinition de la notion de souveraineté au cœur de la transition environnementale.

 

Session 9 : Les produits biologiques en Europe du Nord

Pour finir sur l’exploration des tendances agro les plus porteuses à l’export, les JEA 2022 ne pouvaient passer à côté de l’explosion du secteur bio et de ses promesses sur les marchés nordiques et allemand. Une démocratisation enclenchée à un tel rythme que le bio semblerait désormais presque banalisé dans le paysage des allégations durables. D’où l’importance de pointer la question des labels et de faire vivre ces produits dans les rayonnages de la grande distribution (les enseignes allemandes, suédoises ou danoises semblant de plus en plus mixer bio et conventionnel dans leur category management).

Une maturité du marché bio qui ne doit cependant pas masquer les besoins d’import de ces pays en matière de produits bio, comme en a témoigné Marie Laven, importatrice pour BioFood en Suède qui met l’accent sur la qualité associée aux produits français. Entre besoins de la GMS et des circuits spécialisés, mais aussi de l’e-commerce et de la restauration, les débouchés sont réels pour les filières françaises, à commencer par celles de l’épicerie. L’export bio se porte bien !

 

Téléchargez gratuitement l'étude Produits Biologiques

 

En conclusion…

Après ces quatre jours d’immersion accélérée dans les marchés et tendances clés de l’export agro, les entreprises ont pu repartir avec un creuset d’informations inédites, à la fois opérationnelles et stratégiques, sur les opportunités business à développer. « L’information est la première clé pour réussir à l’international et gagner de nouvelles parts de marché », déclarait ainsi Pascale Thieffry, directrice du département Agrotech de Business France en discours de clôture des JEA 2022. À noter : les études permettront également de prolonger la discussion et d’investiguer certains pans précis des filières et des marchés.

 

Organisées en partenariat avec la Journée d’Accès au Marché de la Direction Générale du Trésor, ces Journées Export Agro ont donc une nouvelle fois constitué un temps fort de l’année pour la communauté de l’agro. Elles ont surtout permis de mettre l’accent sur les atouts (nombreux) de la France en ce domaine et de donner la parole à tous ceux qui vivent l’export au quotidien.

 

 


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