Les entreprises d’élevage sont coincées entre 2 fronts, avec d’un côté la stagnation (voire la baisse dans certains cas) des prix de la volaille et du bœuf, et de l’autre la hausse des prix de l’alimentation animale. Les augmentations se sont multipliées ces derniers mois, poussant certains éleveurs à cesser temporairement leur production ou même à déposer le bilan. En moyenne, les augmentations ont été de 400 à 800 VND (soit 1 à 3 cts d’euros) par kilo, soit la hausse la plus importante jusqu’à présent, d’autant qu’elles devraient se poursuivre dans les mois à venir. Cela s’explique par la hausse des prix des céréales telles que le maïs et le soja (+20% le mois dernier), mais aussi de certains additifs. L’impact de la pandémie sur les circuits mondiaux de transports a également fait grimper les coûts du fret.

Le Vietnam est l’un des premiers producteurs de nourriture animale en ASEAN, mais sa production ne suffit pas à couvrir la demande domestique, qui dépend à 70-80 % des importations. Pour le secteur de l’élevage, cette dépendance aux importations représente un risque non négligeable, car les évolutions des prix sont difficiles à anticiper, notamment pour les petits acteurs. Les entreprises capables de couvrir toutes les phases de la chaîne de production sont davantage en mesure de partager les risques pour faire face à ces nouveaux défis. Aujourd’hui, le groupe C.P. Vietnam domine le marché, avec environ 17 % des parts, tandis que 5 à 6% du marché est couvert par Masan, Japfa et De Heus.