Alors que les hausses quotidiennes des prix de l’alimentation animale touchent durement les producteurs locaux, certaines entreprises d’élevage enregistrent de gros profits sur la dernière année fiscale, grâce à la hausse du prix de vente de porcs vivants. Après l’impact de la fièvre porcine africaine et celui de la pandémie de COVID-19, de nombreux producteurs locaux n’arrivent plus à gérer les coûts et à rembourser leurs dettes.

L’alimentation animale au Vietnam est très dépendante des importations et de la conjoncture mondiale. L’offre a été affectée récemment par les catastrophes naturelles aux Etats-Unis et en Amérique du Sud, tandis que la demande en Asie, poussée par la Chine, a nettement augmenté, causant un fort déséquilibre. En parallèle, le prix de vente des porcs vivants a baissé l’année dernière jusqu’à 2,95 USD le kilogramme. Cela s’explique par le fait que le Vietnam a importé 34 600 tonnes de porc au premier trimestre 2021, soit une augmentation de 101 % en un an. Comme les producteurs ne peuvent pas supporter la hausse des coûts d’alimentation sur la durée, ils vendent leurs porcs aussi vite que possible pour limiter les pertes. Par conséquent, les cheptels de porcs diminuent dans les fermes, ce qui risque d’affecter l’ensemble de la chaîne de production ainsi que l’emploi.

A l’inverse, certains des plus gros groupes d’élevage ont réalisé des profits qui leur permettent de faire face à ces chocs, comme le groupe thaïlandais C.P. Vietnam avec un bénéfice de 966,7 M USD en 2020 (+ 125 % par rapport à 2019) ou encore le groupe Dabaco avec 435 M USD de profits (+39 %).