Améliorer les performances de notre économie à l’export, tel est l’un des objectifs du gouvernement. Six entreprises françaises et étrangères nous expliquent pourquoi elles ont choisi de produire en France, avant d’exporter leurs produits dans le monde entier.

Sur l’ensemble de l’année 2018, les exportations de biens depuis la France ont progressé de 3,8 % pour atteindre (491,6 milliards d’euros). Selon les données douane, la hausse est essentiellement portée par les véhicules automobiles et le textile / habillement / cuir, qui connaissent de fortes progressions (respectivement + 7,9 % et + 8,2 %).

Des chiffres suivis de près par le gouvernement, qui a fait de l’amélioration de nos performances à l’export l’une de ses priorités. L’enjeu est de taille puisque près de six millions d’emplois sont directement ou indirectement induits par l’export en France, soit près d’un quart de la population active employée[1].

Autre signe encourageant, selon le baromètre Euler Hermes, plus de huit entreprises exportatrices sur dix souhaitent accroître leurs ventes à l’étranger, soit cinq points de plus que lors de la dernière édition[2].  Par ailleurs, 72 % des entreprises expliquent que leur développement à l’international passe par des exportations depuis la France, illustrant un fort regain d’intérêt des entreprises exportatrices françaises pour le site France[3]. Sur le même registre et selon le dernier Baromètre Export publié par Business France, la grande majorité des entreprises interrogées prévoient une augmentation de leur chiffre d’affaires à l’exportation dans les trois prochaines années. Une croissance qui passe par la conquête de nouveaux marchés : 64% des entreprises implantées en France (deux-tiers pour les entreprises françaises et 52% pour les entreprises sous contrôle étranger) confirment vouloir exporter vers de nouvelles destinations d’ici trois ans.

Les décideurs considèrent que la France bénéficie de nombreux atouts en matière d’exportation. Ces derniers mettent en avant : la qualité des produits et services en France (93 %), la réputation du pays (87 %), la qualité de la logistique sur l’ensemble du territoire (85 %), les infrastructures de transport (84 %), ainsi que la stabilité de l’euro (82 %). Par ailleurs, 68 % des décideurs interrogés mettent en avant les différents dispositifs d’accompagnement à l’export.

La France jouit également d’un positionnement géographique favorable, qui, associé à des infrastructures de transport de qualité, en font un « hub » vers l’Europe et l’Afrique. Ainsi, 70 % des entreprises étrangères implantées en France affirment que la France est un hub à l’exportation notamment vers l’Afrique et 81 % vers les autres pays européens.

PME, grands groupes français ou étrangers : voici le témoignage de six entreprises qui exportent depuis la France, tous secteurs confondus.

 

Hélioscopie

Siège à Vienne (Isère)

Effectifs : 12 salariés

Chiffre d’affaires : non communiqué

Hélioscopie, une entreprise du groupe Santé Actions (plus de 500 collaborateurs et plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires) propose des solutions mini invasives pour les personnes souffrant d’obésité (anneaux gastriques, ballons intragastriques…). Ses produits sont commercialisés dans une cinquantaine de pays. « Nous avons commencé à développer sérieusement l’export en 2011 », explique Jean-Pierre Duterlay, directeur commercial France et International au sein du Groupe Santé Actions. A l’époque, les exportations ne représentent que 25 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. « Aujourd’hui c’est l’inverse, 75 % de notre chiffre d’affaires est généré par l’export, principalement en Italie et au Moyen-Orient. Sans l’export, nous n’existerions plus », ajoute-t-il. Prochains objectifs : la Chine et le Brésil. « Depuis 2012 Business France nous apporte un précieux soutien logistique ce qui nous permet de participer à deux salons chaque année : Arab Health au Moyen Orient et Medica en Allemagne », souligne Jean-Pierre Duterlay.

 

Cimel Electronique

Siège à Paris (11e)

Effectifs : 25 salariés

Chiffre d’affaires 2017 : 5 millions d’euros

Cimel Electronique est spécialisée dans la conception, la construction et la commercialisation d’instruments de météorologie et de mesure de la pollution.

 « 85 % de nos ventes se font à l’export et nos premiers marchés sont les Etats-Unis, la Chine et l’Europe, explique son PDG Didier Crozel. Cimel Electronique est par exemple le seul fournisseur de photomètre - un instrument servant à mesurer les intensités lumineuses de l'atmosphère - pour le réseau mondial fédéré par la Nasa qui contribue à l'étude du changement climatique ». L’entreprise a également noué des partenariats avec le CNRS. « La France dispose de centres de recherche de très haut niveau et d’une politique active de soutien à l’innovation, avec notamment le crédit d’impôt recherche », souligne Didier Crozel.

L’entreprise bénéfice également du soutien de Business France depuis 25 ans, via notamment l’organisation de séminaires autour de la météorologie dans le monde entier, permettant à l’entreprise de nouer des contacts avec de futurs clients. 

 

VFP Ink Technologies

Siège à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine)

Effectifs : 40 salariés

Chiffre d’affaires : 8 millions d’euros en 2017

Lorsque Arnaud Maquinghen reprend les rênes de l’entreprise en 2010, seules 5 % des ventes de l’entreprise sont réalisées à l’étranger. « Nous avons totalement changé l’orientation de l’entreprise en investissant dans la R&D pour devenir leader sur un marché de niche : celui des encres pour les cartes de crédit », explique-t-il.

Désormais, l’entreprise exporte dans 37 pays, principalement en Chine et aux Etats-Unis et ses ventes à l’étranger représentent 60 % de son chiffre d’affaires. L’objectif est d’atteindre 80 % des ventes à l’export d’ici trois ans avec l’ouverture de nouveaux marchés comme l’Inde et l’Amérique du sud.

« Depuis 2010, Business France nous offre une aide logistique et financière qui nous permet d’être présents sur de grands salons internationaux, souligne Arnaud Maquinghen. Nous étions au CES de Las Vegas (le Consumer Electronics Show, NDLR) sous la bannière Business France dans le pavillon automobile français pour présenter notre nouvelle solution : une encre conductrice flexible et étirable, pour imprimer de l’électronique sur tout type de supports et tout type d’objet du quotidien. Le réseau de Business France nous a permis de rencontrer de grands fournisseurs d’équipements automobiles et de leur présenter notre solution ». 

 

Groupe PSA

Siège à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)

Effectifs : 212 000 collaborateurs

Chiffre d’affaires 2017 : 65,2 milliards d’euros

Le deuxième constructeur automobile européen détient 17 centres de production en France (dont cinq usines de production de véhicules), qui produisent pour la France mais aussi pour les autres pays d’Europe, l’Afrique, le Moyen Orient et même l’Amérique Latine pour certains modèles. « Le Groupe a intérêt à produire à proximité de ses points de distribution et de ses clients. Or, la France reste très bien située pour desservir les principaux pays européens », explique Yann Vincent, Executive vice president, direction Industrielle et Supply Chain.

Le Groupe PSA emploie plus de 68 000 personnes en France à fin 2017 et ses 5 usines d’assemblage de véhicules ont produit 1,1 million de véhicules, soit plus d’un tiers de la production mondiale de véhicules du Groupe. « Les plans de transformation de nos usines, engagés depuis plusieurs années pour les rendre plus flexibles et plus performantes, nous permettent aujourd’hui d’avoir une production industrielle en France de très bon niveau, précise Yann Vincent. Par ailleurs, nous nous sommes engagés auprès de nos partenaires sociaux, dans le cadre de l’accord Nouvel Elan pour la Croissance à produire un million de véhicules par an en France ».

Avec près de six milliards d’euros d’excédent commercial automobile, le Groupe PSA est le premier constructeur automobile contributeur à la balance commerciale de la France en 2017.

Bayer

Entreprise allemande

Effectifs : 99 800 salariés

Chiffre d’affaires 2017 : 35 milliards d’euros

Le groupe Bayer, dont les cœurs de métier se situent dans les secteurs de la santé et de l’agriculture, est présent en France depuis le début du XXe siècle. L’entreprise allemande compte aujourd’hui 13 sites dans l’Hexagone - dont quatre dédiés à la R&D et trois à la production - et emploie 3 036 salariés. Bayer France a enregistré un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros, dont 783 millions d’euros à l’export (70 % à destination de l’Europe).

La France est le septième marché mondial pour le groupe allemand.

« Nos centres de recherche en France disposent d’un très haut niveau de qualification, en raison notamment de la formation des ingénieurs français, explique-t-on chez Bayer. Le groupe a également choisi de produire et d’exporter depuis la France pour la qualité de ses infrastructures et son dynamisme économique ». 

 

Adisseo

Ancienne division du groupe Rhône Poulenc, Adisseo est depuis 2006 une filiale du groupe China National BlueStar, (23 000 employés 6,4 milliards d’euros de CA)

Effectifs : 2 200 salariés

Chiffre d’affaires 2017 : 1,36 milliard d’euros

Adisseo - l’un des leaders mondiaux de la nutrition animale - exploite sept sites industriels dans le monde dont six en France et emploie 1000 salariés dans l’Hexagone.

« Plus de 90 % de nos ventes sont réalisées à l’export. L’Europe et le Moyen Orient/Afrique représentent 50 %, l’Asie Pacifique, l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord et la Chine se partagent équitablement les 50% restant », détaille Jean-Marc Dublanc, PDG d’Adisseo.

Selon lui, notre pays possède de nombreux atouts pour exporter dans le monde entier (100 pays différents) : « La France est au cœur de l’Europe, avec des ouvertures maritimes vers l’Afrique et le Moyen Orient, et vers les Amériques. Côté logistique, ses infrastructures de transport (air, route, fer) sont de qualité et avec un maillage complet. » Parmi les autres avantages, il cite une main-d’œuvre qualifiée ainsi que la qualité de vie, les acquis sociaux (santé, éducation,) qui « attirent et fidélisent une main-d’œuvre qualifiée et des talents, indispensables pour développer et produire en France ».

« Enfin, le Crédit d’impôt recherche représente aussi un intérêt majeur pour les entreprises qui investissent dans leur R&D », conclut-il.

 

Constance de Cambiaire

[1] Rapport d’activité 2016 Business France

[2] Euler Hermes a publié en mai dernier son 6e baromètre Export

[3] Euler Hermes a publié en mai dernier son 6e baromètre Export